Client de TGR Research :
M. Frédéric Bordes
Financière ACG
Paris
Expert :
M. Thierry Guillet
Compagnie Générale d’Electricité
Directeur du développement
Paris
INTERVIEW :
Q. Client de TGR Research :
R. Expert TGR Network :
Typiquement, je constate que le développement d’un projet prend entre 3 et 5 ans, et le facteur temps est un élément absolument fondamental à prendre en compte dans l’analyse.
Par ailleurs, en moyenne, 60 % des permis déposés sont obtenus, et donc il faut appliquer ce facteur pour avoir une vision plus juste de la faisabilité du portefeuille.
Enfin, la mise en place en France des ZDE depuis 2007 nécessite clairement une analyse plus fine des portefeuilles car cette mesure risque de faire baisser le rendement de 60 % précédemment cité à 50%.
Cette vision est très personnelle. Elle porte sur les différents projets et portefeuilles que j'ai analysé ces dernières années.
Il faut donc à mon avis raisonnablement valoriser à 150-200K€ / MW ce portefeuille.
Q. Client de TGR Research :
Les coûts des projets sont d’environ €1.2-1.3 MM / MW, êtes vous en phase avec ces chiffres ?
R. Expert TGR Network :
Non, clairement ces coûts sont ceux d’il y a 2-3 ans, voire même peut-être plus.
Aujourd’hui, en considérant la hausse du prix de vente des projets développés (200-300€/Kw), et plus important la hausse du prix des turbines (+30 % environ en 2 ans), les prix pour un projet construit sont plus proches de 1.5 à 1.6 MM€ / MW.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, il est difficile et ambitieux d’espérer obtenir des coûts moindres. Ceux qui vous le garantissent s’avancent un peu trop à mon goût mais, encore une fois, cette apréciation est vraiment très personnelle.
Q. Client de TGR Research :
Sur la base de votre connaissance, tous les projets développés en France sont-ils rentables ?
R. Expert TGR Network :
C’est très difficile à dire. Le législateur ne tient pas compte de la rentabilité attendue d’un projet pour l’autoriser, et donc il n’y a pas de certitudes dans ce domaine.
La France, avec le tarif de juillet 2006 se situe dans le milieu de la fourchette des tarifs européens, avec un gisement de vent important dans certaines régions ( Sud Est, Nord Ouest ).
On peut ainsi considérer que le tarif en place permet un rendement satisfaisant pour des projets correctement ventés, soit au delà de 2200h/an environ en P50.
C’est le niveau de vent en dessous duquel un projet risque de ne pas être suffisamment rentable (< 6% ROE).
Il est de plus intéressant de noter que sur les derniers 3 ans, le vent réel en France a été en deça des prévisions, pour attendre en moyenne les chiffres estimés en P75.
Je ne sais pas s’il s’agit du réchauffement climatique, mais si ce phénomène venait à se confirmer, il faut s’attendre à de nouveaux bouleversements dans les projections.
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Client de TGR Research :
Mlle Sophie Saunier
Myriadis Private Equity
Genève
Expert :
Mme Anne Dupré
Hotels Chain International
Responsable marketing et internet
INTERVIEW :
Q. Client de TGR Research :
Nous envisageons d’investir dans l’industrie du tourisme, et plus particulièrement sur son segment online. Nous voudrions à ce titre vérifier les tendances actuelles et à venir de ce marché, plus particulièrement en termes de distribution, services et perspectives.
Tout d’abord, nous voudrions en savoir un peu plus sur les chiffres clé du secteur.
R. Expert TGR Network :
D'après mes chiffres, et je peux le constater sur place, le marché online devrait atteindre 42% d’ici à 2008. C'est assez impressionnant. Je suis convaincu que cette tendance va se poursuivre. Je constate aussi que de fortes marges de progression sont très clairement à prévoir, particulièrement en Europe et Asie.
D’une manière générale, je pense que cette part importante de business est partagée entre des producteurs comme le Club Med et des intermédiaires comme Expedia. Le Club Med, par exemple, plébiscite la vente en directe pour éviter les couches de commissionnement ou d’infrastructure. D’ailleurs, si l’on considère aujourd’hui qu’en Europe les 2/3 des individus qui voyagent utilisent Internet, soit pour s’informer, soit pour réserver, vous pouvez imaginer l’impact sur la marge brute de ces commissionnements.
Dans tous les cas, d’après ce que je peux voir sur le terrain, il me semble évident que tout le monde veut obtenir un lien direct lors de la vente avec le client final. Ce sera, j’en suis convaincu, la clé de demain. Pour preuve, les programmes de fidélité qui se développent chez les distributeurs qui veulent fidéliser et conserver ce lien.
Je comprends vraiment pourquoi vous vous interressez à ce secteur.
Q. Client de TGR Research :
En effet. Qu’est-ce qu’une distribution mal maîtrisée ?
R. Expert TGR Network :
La distribution, qui donne lieu à commissionnement, est intéressante pour toucher des marchés saturés ou compliqués à pénétrer. En revanche, il est plus intéressant de conserver ces montants en propre pour promouvoir ses services sur des marchés plus simples ou atomisés. La distribution est mal maîtrisée à partir du moment où elle ne respecte pas ces règles.
Q. Client de TGR Research :
En terme de services, on entend beaucoup parler de package dynamique. Pensez vous que cela va se développer et qui sont les acteurs en France?
R. Expert TGR Network :
Je pense que la vente en ligne de ce type d’offre reste très modeste. Je crois d’ailleurs qu’il existe en France très peu d’acteurs. Il y a peut-être Go Voyages dont la stratégie globale a résulté d’un développement en marque blanche pour étendre sa surface en termes de volumétrie. Le package qui résulte d’une association vol+hôtel implique néanmoins la fourniture de tarifs nets en-dessous du prix du marché grand public.
Développer ce type d’activité est à mon sens inutile si elle ne s’insère pas dans le cadre d’une offre plus globale et vraiment différenciente. Nous constatons quotidiennement que la bataille actuelle tourne autour de la recherche de contenus à valeur ajoutée pour le client. Les contenus locaux, les services enliés avec le monde réel,… sont ceux qui demain feront la différence…. Vous verrez …
Q. Client de TGR Research :
Et le Web 2.0 dans tous ça ?.
R. Expert TGR Network :
Il est intéressant pour les producteurs qui souhaitent enrichir leurs bases de données. Il peut être plus étendu chez les distributeurs qui ne prennent pas de risques vis-à-vis des produits vendus. Il améliore ainsi leurs ventes grâce à une transparence vue comme une indépendance bien pensée.
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Client de TGR Research :
M. Nelson Tong
Financière World Media
Paris
Expert :
M. Nils Demathieu
Neumann Network International
Directeur du développement
Paris
INTERVIEW :
Q. Client de TGR Research :
Comment réagissent les loueurs de DVD classiques face à la V.O.D ?
R. Expert TGR Network :
C’est là que l’on observe le changement. Les loueurs traditionnels sont obligés de s’adapter aux nouveaux usages.
Par exemple, le groupe VIDEO FUTUR qui regroupe CineBank, Video Futur et Video Pilote, est en train de préparer une réponse à la V.O.D. Ce nouveau service s’appellera MOOVYPLAY. Ce projet, pour le moment confidentiel, sera expérimenté dans 30 magasins à partir de septembre pour se généraliser début 2008.
Il sera donc très révélateur de l’évolution des acteurs du marché.
Q. Client de TGR Research :
A votre avis, pour quelle raison la V.O.D ne se développe-t-elle pas plus rapidement ?
R. Expert TGR Network :
Je pense qu’il y a plusieurs facteurs qui entrent en ligne de compte. Mais disons que deux principaux se dégagent.
Le premier est dû à l’évolution des mentalités. Il y a encore quelques décennies, on considérait qu’il fallait une génération, soit 25 ans, pour généraliser un usage. On voit bien qu’aujourd’hui qu'il faut beaucoup moins de temps. L’iPOD par exemple a connu un essor incroyable en moins de 5 ans. Mais la consommation classique de télévision est bien encrée dans les mœurs et l’interactivité est un frein qui ne doit pas être occulté.
La seconde principale raison concerne les contenus eux-mêmes. Pour diffuser des contenus en ligne, c’est le cas pour la musique comme pour la TV & le cinéma, il faut au préalable s’assurer auprès des ayant-droits que ceux-ci sont d’accord. Pour cela, il faut qu’eux-mêmes s’en assurent ce qui n’est pas une mince affaire quand il y a plusieurs partenaires co-producteurs … surtout pour des programmes créés il y a quelques années, époque à laquelle ces droits n’existaient pas … Ce sujet est d'ailleurs complètement au coeur de mon métier et je suis extrêment bien placé pour vos confirmer que ces 'process' sont très compliqués et longs à mettre en oeuvre.
Q. Client de TGR Research :
Voyons maintenant la consommation media sur mobile, quel est votre avis sur ce secteur spécifique ?
R. Expert TGR Network :
La consommation media sur le téléphone mobile est en train d’exploser. Au début des années 2000, le phénomène ring-back tones a ouvert la brèche. L’exemple de « Crazy Frog » est parlant. Cette sonnerie développée en Allemagne au départ est devenue un tube international dans plus de 20 pays.
La seconde étape est en train d’être franchie. Cela concerne la video. Les ventes de terminaux 3G connaissent de très fortes hausses et d’ici peu leur usage sera généralisé.
Il y a un indicateur qui révèle ce changement ; la société de mesure d’audience Nielsen est en train de lancer Nielsen Wireless pour mesurer la consommation de médias via les téléphones mobiles.
Ce service fournira les opérateurs mais aussi les agences de publicité et les sociétés de divertissement sur les médias les plus populaires auprès des utilisateurs de téléphones mobiles. Il sera d’abord lancé aux US en juillet puis en Europe à la rentrée.